Vendredi 8 novembre 2024 (14h-16h) – salle 101
Rencontre avec Azélie Fayolle pour son livre Des femmes et du style. Pour un feminist gaze, éd. Divergences, 2023.
Cette rencontre sera suivie d’une séance du séminaire « Méthodes & débats » avec :
Judith KRAVITZCH (doctorante, UVSQ) : « La Nouvelle Fabrique de Philippe Le Picard (1579) : ce hapax est-il un corpus ? »
Natan MORADOR (doctorant à l’université de São Paulo, Brésil, en séjour de recherche à l’IHRIM) : « Traduire Marie de Gournay en brésilien »
Vendredi 7 février 2025
Rencontre avec Dinah Ribard pour Le Menuisier de Nevers. Poésie ouvrière, fait littéraire et classes sociales (XVII -XIX s.), Gallimard/EHESS, 2023.
Présentation : Le Menuisier de Nevers est un nom d’auteur. C’est même le premier à être devenu célèbre parce que celui qui s’en servait proclamait dans ses livres qu’il était un ouvrier. Tout ici est étonnant : la date d’abord, autour de 1640, bien en amont de l’industrialisation de la France et d’une démocratisation de la culture ; la disparition complète du canon littéraire, ensuite, de ce poète longtemps fameux, réédité, lu et commenté, qui s’appelait en fait Adam Billaut.
La chronologie de la poésie ouvrière pose le problème historique qui se trouve au cœur de ce livre. La littérature n’a pas attendu que les ouvriers deviennent des acteurs de l’histoire, au XIXe siècle, pour consacrer des auteurs issus du peuple laborieux. L’apparition de ce travailleur manuel sur la scène littéraire à l’époque de Louis XIV prouve que la littérature n’enregistre pas le mouvement de l’histoire : elle est une forme d’action qui transforme les voies d’accès à la parole publique et façonne l’histoire des classes sociales.
Au cours des deux siècles suivants, on a trouvé naïve et populaire la poésie très savante de ce « Virgile au rabot ». Exception glorieuse dans une société férocement hiérarchique, sa figure a maintenu hors de la littérature les très nombreux artisans qui ont composé des vers dans cette période. Elle a ensuite été relayée par les ouvriers poètes qui ont intéressé un moment les éditeurs et écrivains progressistes de l’époque industrielle. En retrouvant tout ce peuple d’auteurs, Dinah Ribard montre que la littérature est une contribution essentielle à l’histoire de l’inégalité.
(Consulter la table des matières et l’introduction sur Fabula : https://www.fabula.org/actualites/116820/dinah-ribard-le-menuisier-de-nevers-poesie-ouvriere-fait.html)
Cette rencontre sera suivie d’une séance du séminaire « Méthodes & débats » (même salle, 16h-18h) avec Clémence JAIME qui présentera son travail de thèse sur L’exolinguisme dans la fiction narrative de la première modernité.
Vendredi 4 avril 2025
Rencontre avec deux membres de l’IHRIM qui viennent présenter leur dernier ouvrage, chacun autour d’histoires de femmes singulières :
Sarah AL-MATARY pour son dernier livre : Deux célèbres inconnues. Le mystère Jeanne Weil(l), Seuil, 2024.
Deux femmes homonymes : Jeanne Weil (1849 – 1905) et Jeanne Weill (1859 – 1925). L’histoire les a d’autant plus effacées qu’aucune n’a vécu sous le nom de naissance. Jeanne Weil est connue comme Mme Proust, la mère de Marcel, le grand écrivain d’À la recherche du temps perdu. Jeanne Weill est devenue, sous le psudonyme de Dick May, une intellectuelle pionnière des sciences sociales et une militante progressiste. Ces deux contemporaines se sont croisées dans le Paris républicain de la Belle Époque, au rythme des rendez-vous mondains et des avancées scientifiques. Mais que reste-il de leurs œuvres et de leurs combats ? Ce livre est une réflexion sur les modes de légitimation qui s’offrent aux femmes et sur l’invisibilité qui les frappe. L’enquête biographique prend la forme d’une équation à plusieurs inconnues, où le parcours des deux Jeanne weil(l) rencontre celui de Proust, Durkheim et Bergson. Elle fait ressortir, en même temps que les processus d’élaboration pour briser le plafond de verre. D’hier à aujourd’hui.
Isabelle GARNIER pour l’édition du Dialogue en forme de vision nocturne (1524) de Marguerite de Navarre, œuvres complètes, tome II, Champion, 2024.
Le 8 septembre 1524 meurt Charlotte de France, fille de François Ier, promise au futur Charles Quint. Elle a huit ans. Marguerite d’Angoulême, duchesse d’Alençon, recueille son dernier souffle. Sa foi évangélique lui inspire un poème dialogué contant l’apparition consolatrice de sa nièce et retraçant son cheminement spirituel couronné d’une expérience mystique. Charlotte lui enseigne que par le Christ « morte est la mort » et lui dévoile le chemin d’amour et vive foi qui mène à la déification. Ce dialogue entre deux « dames » de la maison du roi livre aussi discrètement une réflexion sur la condition des femmes de la Renaissance, des mères endeuillées aux chrétiennes aspirant à une vie spirituelle intériorisée. La présente édition, établie d’après l’unique manuscrit sans titre, explore le contexte de la première grande œuvre de l’autrice promise à une importante fortune à la Cour et tente d’éclaircir le mystère de son impression en 1533.
Cette rencontre sera suivie d’une séance du séminaire « Méthodes & débats » (même salle, 16h-17h), où deux doctorants présenteront leur recherche en cours : avec Pierre DUPLATRE, doctorant IHRIM, Université Jean Monnet, Saint-Étienne et Louise MOULIN, doctorante à l’Université de Yale (États-Unis).

