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Rencontre avec Nathalie Freidel autour de son ouvrage Le Temps des “écriveuses”

Plus d’informations concernant le séminaire “Actualités de la recherche” ici.

Dans le cadre du séminaire “Actualités de la recherche”, le vendredi 6 février, nous avons organisé une rencontre avec Nathalie Freidel, spécialiste de la littérature du XVIIe, de l’épistolaire et de la place des femmes dans le champ littéraire, autour de son ouvrage Le Temps des “écriveuses”. L’œuvre pionnière des épistolières du XVIIe siècle et de sa base de données epistolieres17.ca.

Pour ce faire, nous avions préparé au préalable une liste de questions que voici ci-dessous :

  1. Comment, à partir de vos travaux antérieurs, en êtes-vous arrivée à ce livre ?
  2. Selon vous, quels sont les points importants de votre ouvrage ?
  3. Vous avez travaillé sur un corpus important pour ce livre, comme on le voit par exemple dans le chapitre concernant Louise de Coligny et sa famille. Comment traite-t-on d’un corpus aussi massif ? Comment avez-vous sélectionné les lettres ?
  4. Les lettres sont vues, aujourd’hui, comme un texte à usage intime, qui ne circule que de manière privée, ce qui n’était pas le cas auparavant. Alors comment les lettres, à l’époque, en viennent-elles à devenir publiques ? 
  5. Est-ce le cas de toutes les lettres ? Pourquoi certaines lettres sont conservées tandis que d’autres ne le sont pas ?
  6. Une correspondance épistolaire peut dire beaucoup sur la personne qui envoie les lettres. Avez-vous l’impression d’entretenir un rapport particulier avec ces auteurs épistolaires, de les connaître ? Pensez-vous accéder à l’autrice ou à la personne à travers sa correspondance littéraire ?
  7. Le choix du terme “écriveuse” plutôt qu’écrivaine témoigne d’un écart sur lequel vous avez choisi d’attirer notre attention entre ces épistolières et l’institution littéraire. Est-ce qu’à l’époque ces femmes qui écrivent avaient un souci de se situer dans la littérature ou du moins avaient la littérature comme horizon d’écriture ? 

“La carrière de l’épistolière [Mme de Maure] connaît un tournant politique au moment des événements de la Fronde et dans le bras de fer qui s’engage avec Mazarin. Conrart a soigneusement mis de côté les lettres explosives envoyées par la comtesse à Mme de Brienne, dans lesquelles elle prend la défense de son époux, qui s’est fait imprudemment le porte-parole des Frondeurs, accuse le cardinal de mille maux et reproche à la reine son ingratitude.”

Deuxième Partie : Femmes en Réseaux, « Réseaux de sociabilité et rayonnement féminin », p. 172. 

  1. Dans ce passage, il est question de Mme de Maure, qui dénonce dans sa lettre à Mme de Brienne l’action politique du cardinal Mazarin. L’épistolière peut ainsi incarner la figure d’une femme qui fait de la politique. Avez-vous fréquemment rencontré une prise de position politique féminine dans les lettres que vous avez étudiées ?

“Quoique fragmentaires et parfois anecdotiques (la contribution de certains correspondants se limite à un billet), les échanges conservés permettent d’apprécier à quel point la pratique épistolaire est indissociable de cette vie en société caractérisée par la fréquence des interactions. Dans la recherche permanente de la présence d’autrui qu’est l’existence mondaine, l’échange de lettres et de billets s’intercale entre les réunions, les visites, les dîners. Il faut écrire avant, entre, après les visites et même parfois pendant. Si besoin, la lettre remplace la visite, pallie la rencontre en personne, supplée au déplacement.” 

Deuxième Partie : Femmes en Réseaux, « Réseaux de sociabilité et rayonnement féminin », p. 182. 

  1. Dans ce passage, la correspondance entre Mme de Maure et Mme de Sablé est caractérisée par les échanges quasi-quotidiens entre les deux femmes, à qui on a même attribué l’invention du billet. A travers la fréquence de leurs échanges, peut-on rapprocher ce mode de communication de nos moyens actuels, notamment les SMS ?

“Quoiqu’adressées à une amie, les lettres de la nouvelliste [Mme d’Huxelles] sont radicalement dépourvues de toute expression des sentiments, ainsi que des formules de tendresse d’usage entre femmes. Elles permettent de juger à quel point la définition de l’écriture épistolaire féminine imposée par les théoriciens de cette période est réductrice. La catégorisation opérée par La Bruyère à travers les « sentiments qui n’ont régné que depuis leur temps » et la faculté de « faire lire en un seul mot tout un sentiment » ou de « rendre délicatement une pensée qui est délicate » n’a aucune prise sur l’art de la brève pratiqué par de nombreuses épistolières. Ce sont d’abord des formules percutantes d’analyste politique.”

Deuxième Partie : Femmes en Réseaux, « Satellites sévignéens », p. 225. 

  1. Dans ce passage, il est question de “formules percutantes  d’analyste politique”, qui vont à l’encontre de la catégorisation des épistolières opérée par La Bruyère. Pourriez-vous nous en dire plus à ce propos ? 
  1. À la p. 227, vous dites que “La postérité a ainsi reçu l’œuvre de Mme d’Huxelles comme celle d’une simple gazetière, et celle de Sévigné comme celle d’une mère passionnée.”, comment en arrive-t-on à cette réception simplifiée ?
  2. Pourriez-vous nous en dire plus sur la base Épistolières dont vous êtes à l’origine ? Quel est votre objectif ?

Après avoir répondu à nos questions, les personnes qui ont assisté à la rencontre ont également pu discuter avec Nathalie Freidel et poser leurs propres questions, ce qui a conclu ce séminaire.

Cette rencontre a été très enrichissante, puisque nous avons pu échanger au sujet de son ouvrage mais aussi en apprendre plus sur sa base de données Épistolières. C’était donc un échange très instructif pour nous.

Concernant l’expérience en elle-même, c’était une première pour nous de diriger un séminaire et nous étions un petit peu stressées, mais le fait d’avoir pu échanger avec Nathalie Freidel avant le début de la rencontre nous a permis d’être plus à l’aise et ainsi, de passer un très bon moment lors de ce séminaire.

Clarisse Bastard-Rosset
Clarisse Bastard-Rosset
Léonie Escuroux
Léonie Escuroux

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Clarisse Bastard-Rosset, Léonie Escuroux (24 avril 2026). Rencontre avec Nathalie Freidel autour de son ouvrage Le Temps des “écriveuses” GL 16-17 - Groupe Littérature 16-17. Consulté le 8 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/164rs


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